Mulhouse Istanbul à vélo

Jour 11

🇦🇹 Autriche !
 
Environ 700km 🚴
 
La selle du vélo trempée ce n’est pas une bonne idée. Mais la rosée n’en n’a que faire.
La toile extérieure de la tente tout pareil, complètement mouillée. Bravo. 20 sur 20 et vive la France !
Les réveils de bivouac sont faits de fils tendus et choses qui sèchent.
 
Dégonflage.
Pliages.
Dépliage …de moi.
Toilette au gant du même nom.
Main qui tape sur le front à la vue du téléphone déchargé.
Main qui retape sur le front à la vue du compteur de vitesse déchargé.
Main qui retient l’autre main car le front en a assez.
Étirements musculaires ; 30 minutes.
Découverte sur le téléphone presque a plat (attention le front) des itinéraires possibles.
Départ.
 
Bon il y a un intrus dans la liste… je vous laisse deviner duquel île s’agit.
 
Oui. Les étirements.
Je saiiiiis… je saiiiiis c’est hyyyyper important… mais non. Trop pas amusant.
 
Mais hier… parce que mon front n’en pouvait plus et que j’avais demandé à Olaf l’horticulteur si je pouvais brancher mon smartphone chez lui… j’en ai fait !
Appuyé sur ses paquets d’engrais de 200 litres… mollets, cuisses, tendons, cartilages, poils, nez… j’ai étiré étiré étiré.
Olaf, grand bavarois et homme de tout les pléonasmes qui avait pourtant les cheveux courts avait rendez-vous chez le frizör. Il m’a donc confié la boutique et est parti en remuant le bras par la fenêtre de sa camionnette.
Téléphone en charge… pas de clients… donc ennui. Ennui = étirements. Voilà comment je m’y suis mis.
J’imaginais Olaf revenir avec des boucles… Frisé a la Marx Brothers et je m’étirais encore.
Non, c’est avec une tablette de chocolat qu’il est revenu. Des abdos incroyables. Il me propose de toucher puis me dit de frapper.
– tu vas voir comme c’est dur !
Paf ! Un coup de poing dans le buffet.
– c’est tout Vas-y donc !
PAF !!! Encore plus fort !!!
– hahaha tu es rigolo… je croyais les Turcs plus forts que ça !
Coup de pied, coup de genoux, coup de tête, je prends de l’élan et me lance à la Cantona les deux pieds en avant, kick à 360°, triple saut vrillé carpé atterrissage sur un seul patin, les juges me donnent tous 9,9 (-0,1 parce que j’ai mimé le patin (je voyage à vélo je ne peux pas tout emmener non plus),
Et là, Olaf, impassible, visage tellement doux qu’il me fait penser aux… non, oublions cela… qu’il me dit, Bekir, c’est une vraie tablette de chocolat que je t’ai apporté, qu’es tu en train d’imaginer ?
– Rien du tout Olaf. Tu as déjà eu les cheveux frisés ?
Biiip. Téléphone chargé !
Je quitte la serre.
 
M’éloigne puis retrouve le Danube.
 
C’est mon fil conducteur… le courant y est continu… aucun barrage ne peut lui faire volte-face, puis… tout le monde se lève pour Danube !
 
Arrivé sur le pont de Passau un accent allemand étrange me demande : Tourkiii ?
 
Je réponds que oui… Il lève les bras au ciel et commebavecvtoute personne avec qui je discute je serait-ce qu’un peu je lui demande son prénom et on se serre la main. Vladimir !
 
À ma question, comment rejoindre la rive sud du Danube pour entrer en Autriche il me répond avec cette singularité peut-être russe peut-être ukrainienne que j’ai adoré :
 
Il m’a demandé de tenir son vélo, il est passé devant nous, s’est mis 4 pattes, et avec son bras devenu serpent il a mimé les courbes du fleuve tandis que sa main gauche montrait le chemin a emprunter.
Il s’est relevé, m’a embrassé (sur la joue) et a disparu en me confiant a dieu
 
Je me réjouissant tant de passer le poste frontière autrichien… j’avais aussi prévu de le passer torse-nu, que ma déception fut énorme lorsque je vis ce bête panneau en guise de douane !!!
 
J’ai encore 1000 choses à raconter ne serait-ce que sur cette journée… mais les nuits sont fraîches et mes bras qui sortent du sac de couchage son glacés.
 
Peut être cela prendra-t-il dans le livre à venir?